vendredi 20 janvier 2012

Megaupload..n'est plus!!!!



Le site 20mn.fr vient de publier un bon article, que je partage avec les lecteurs de mon blog:



Le FBI vient de fermer le site de téléchargement Megaupload ...


Si Megaupload n'est plus accessible, ce n'est pas pour marquer son opposition au projet de loi Sopa. Non, jeudi, la justice américaine a annoncé avoir mis le site de téléchargement hors-ligne après une opération pilotée par le FBI. Les autorités américaines accusent Megaupload, un site qui permet de stocker des fichiers en ligne, d'être une «entreprise cublier 
riminelle internationale organisée». Et plus exactement d'avoir violé les lois sur le copyright et favorisé le piratage.

 Selon l'acte d'accusation, les ayants droits chiffrent leur manque à gagner à 500 millions de dollars et Megaupload aurait généré 175 millions de dollars de profit via les abonnements et la publicité. D'après le FBI, Megaupload était, à ses sommets, le 13ème site Internet le plus fréquenté, avec 50 millions de visiteurs quotidiens.
Le coup de force de n'arrête pas là. Le fondateur, Kim Dotcom (anciennement Kim Schmitz) a été arrêté avec trois autres cadres en Nouvelle-Zélande, où ils résident (le site, lui, est basé à Hong-Kong). Deux autres membres étaient encore dans la nature. Les six hommes sont inculpés pour «conspiration de racket», «conspiration de violation de copyright» et «conspiration de blanchiment d'argent». Ils risquent jusqu'à 20 ans de prison. La procédure d'extradition vers les Etats-Unis est en route, a indiqué la justice néo-zélandaise.

 
14 Mercedes, une Lamborghini, une Maserati et une Rolls-Royce saisies

Si la justice américaine a pu lancer cette opération, c'est parce que des serveurs de Megaupload se trouvaient en Virginie. Selon le communiqué du FBI, des serveurs et des biens dont la valeur «dépasse 50 millions de dollars» ont été saisis aux Etats-Unis, aux Pays-Bas, au Canada, aux Philippines et en Nouvelle-Zélande. Les six cadres inculpés possédaient notamment 14 Mercedes, une Lamborghini, une Maserati et une Rolls-Royce.

Les revenus du sites étaient générés par la publicité et surtout par les abonnements premium (60 euros l'année, 200 euros à vie).


«Grotesquement exagérées»

Avant d'être mis hors-ligne, Megaupload a publié une déclaration, qualifiant les accusations de «grotesquement exagérées». «La vérité, c'est que l'immense majorité du trafic est légale, et nous sommes là pour rester. Si l'industrie veut entamer un dialogue sur la manière de tirer parti de notre popularité, nous sommes ravis de le faire», a écrit le site, rapporte AP.

 Récemment, Kim Dotcom expliquait à TorrentFreak qu'il se pliait à la loi en vigueur: le site ne peut pas vérifier chaque fichier mis en ligne, mais il retire tout contenu signalé comme illégal par les ayants droits. C'est sur ce mode que fonctionnent YouTube et tous les sites Internet, qui sont protégés par la clause du «safe harbor» d'une loi de 1998.
Kim Dotcom affirme que 87% des 500 plus grandes entreprises américaines utilisaient légalement Megaupload pour transférer des fichiers. En France, selon Comscore, plus de 7 millions d'internautes ont visité Megaupload en novembre 2010. Avec l'arrivée d'Hadopi, certains ont abandonné le peer-to-peer pour le téléchargement direct, jugé moins risqué.

 
Des emails internes qui pourraient coûter cher

Reste que Megaupload est largement utilisé par des pirates pour mettre en ligne films, séries TV, albums et jeux vidéo. Pour un fichier retiré, de nombreux nouveaux arrivent.

 

Le point central dans une telle affaire (comme l'a montré YouTube vs Viacom) n'est pas tant la présence de fichiers illégaux que dans la réaction et le degré de connaissance des dirigeants de la nature des contenus hébergés. Et là, ça se gâte pour Megaupload. Selon l'acte d'accusation, les dirigeants ont échangé plusieurs emails montrant qu'ils savaient très bien que le piratage était l'une des raisons du succès du site. Plusieurs cadres sont accusés d'avoir eux-même téléchargé des fichiers illégaux et d'en avoir mis un en ligne.
 
Le mari d'Alicia Keys directeur général de Megaupload

Mercredi, le New York Post révélait que le directeur général actuel de Megaupload n'était autre que Kasseem Dean, un rappeur/producteur connu sous son pseudo Swizz Beatz.. Et pour être la mari de la chanteuse Alicia Keys. C'est apparemment lui qui a convaincu ses compères Diddy et will.i.am de faire la promo de Megaupload, en décembre dernier, dans un spot qu'Universal avait fait retirer de YouTube. Finalement, Google avait décidé de remettre en ligne le clip, estimant que Megaupload avait obtenu l'accord de chaque artiste. Le nom de Kasseem Dean n'apparait pas dans l'acte d'accusation.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, les sites d'Universal, du département de la Justice américaine, d'Hadopi ou encore du FBI ont été pris pour cibles par le collectif Anonymous. Noyés sous les requêtes de connexions, ils sont restés inaccessibles, pour plusieurs heures dans certains cas.

Si Nicolas Sarkozy se réjouit de la fermeture de Megaupload, elle aura sans doute autant d'impact sur le piratage que celle de Napster en 2001: il existe des dizaines de sites similaires déjà largement utilisés.




Source: http://www.20minutes.fr/high-tech/863276-fbi-ferme-site-telechargement-megaupload

mardi 17 janvier 2012

une peine de mort pour les sites web

Reporters Sans Frontières (RSF) s'engage contre les projets de loi américains "Stop Online Piracy Act" et "Protect IP Act" qui visent à lutter contre le téléchargement illégal en censurant le web. Des projets qui prévoient également de déréférencer les sites, même étrangers, accusés de "faciliter" le piratage et de leur couper toute manne financière, soit potentiellement des répercussions mondiales. Explications avec Lucie Morillon, responsable du bureau Internet et libertés chez RSF.
Qu'est-ce que ces énigmatiques "SOPA" et "PIPA" ?

Ce sont deux projets de loi américains avec le même objectif de lutte contre "le piratage". Le "Protect IP Act" (dit "PIPA"), examiné au Sénat américain le 24 janvier prochain, vise à mettre en place un filtrage des sites web via leurs noms de domaine. On peut comparer cela à la mise en place d'une "grande muraille électronique", à la chinoise. L'équivalent à la Chambre des représentants, le "Stop Online Piracy Act" (dit "SOPA"), va encore plus loin. Il permet aux ayants droit d'exiger le retrait d'un contenu publié en ligne sans jamais passer par un juge. Les sites accusés de violer le droit d'auteur disparaîtront également des moteurs de recherche et leurs moyens de paiement en ligne seront bloqués par les services bancaires, soit l'équivalent d'une asphyxie financière. Par ailleurs, les outils de contournement de la censure, comme les VPN, seront criminalisés. C'est, en quelque sorte, un mélange de nos lois Hadopi [contre le téléchargement illégal] et Loppsi [qui instaure un filtrage du web], mais en pire.

Qu'en pensez-vous ?

- Tout cela est ridicule. Le filtrage des sites n'est pas efficace parce que les internautes pourront toujours, par des moyens détournés, accéder aux sites. Mais surtout cela risque d'entraîner un surblocage [lorsqu'un site est bloqué, les autres sites hébergés par le même serveur peuvent être injustement filtrés, NDLR]. Ces deux propositions de loi visent avant tout à défendre l'intérêt des puissants lobbies d'Hollywood, au détriment de la liberté d'expression. En plus, cela discrédite complètement tous les messages forts d'Hillary Clinton en faveur de la liberté sur internet.
RSF a-t-il pris position ?

- Nous avons déjà signé une lettre avec une quarantaine d'ONG pour condamner ces textes. Une nouvelle lettre sera adressée aux représentants, à l'approche du vote au Sénat. Il est important de bien comprendre que ces projets de loi auront des répercussions dans le monde entier, puisqu'ils s'appliqueront aux sites web étrangers. Par exemple, si un site enfreint le droit d'auteur sur une toute petite vidéo, alors il pourrait être bloqué aux Etats-Unis, déréférencé des moteurs de recherche et voir sa manne financière coupée. Comme les intermédiaires techniques ne voudront pas risquer des amendes chiffrées en millions de dollars, ils choisiront les solutions les plus sécuritaires, c'est-à-dire un blocage maximal. Si le texte passe, ce sera une peine de mort pour les sites web, selon la formule consacrée par l'universitaire américain Mark Lemlev.
Après l'opposition des géants du web et de l'administration Obama, ces projets de loi ont-ils encore une chance d'être adoptés ?

- Les positions de la Silicon Valley et l'administration Obama vont dans le bon sens. Mais, au début, ces textes avaient beaucoup de soutiens. Même s'ils se sont érodés, il faut rester vigilant. Ces textes, télécommandés par Hollywood, institutionnalisent une censure disproportionnée du web au nom de la protection du droit d’auteur.

Par Boris Manenti

Soyrce:
http://tempsreel.nouvelobs.com/high-tech/20120116.OBS8908/projet-de-loi-antipiratage-une-peine-de-mort-pour-les-sites-web-selon-rsf.html